Cale Plett | Résidence pour artistes au Mont-Riding 2026

La résidence pour artistes au Mont-Riding donne aux artistes du Manitoba le temps de se concentrer sur leur travail dans le splendide milieu naturel du parc national du Mont-Riding.

La prochaine artiste résidente pour 2026 est Cale Plett. Avant de s’installer dans le chalet historique de Deep Bay, Cale a répondu à quelques-unes de nos questions sur son travail et sur la manière dont elle passera sa résidence.


CAM : Parlez-nous un peu de vous en tant qu’artiste et de votre pratique.

Cale : J’écris des nouvelles et de la poésie, mais mon format de prédilection est le roman queer pour jeunes adultes. Dernièrement, je m’intéresse particulièrement à l’horreur. J’adore explorer les monstres et les différentes formes que la monstruosité peut prendre, surtout pour les jeunes personnes queers. J’entame souvent un projet par la création du monstre, une chose qui suscite une peur encore plus grande que la mort en soi, par exemple, l’effacement, les préjudices à la communauté et la perte de l’autonomie corporelle. Souvent, les jeunes queers disposent de bien peu d’armes pour combattre directement les monstres de la vie réelle. C’est vraiment mal vu de protester au bureau de votre député conservateur local ou d’être la dernière personne à confronter Danielle Smith. Aborder l’horreur comme un genre réconfortant nous donne la chance d’affronter et de vaincre ces présences et ces êtres monstrueux. Et c’est amusant. Dégoûtant et effrayant aussi, bien sûr.

C’est étrange que mon point de départ soit souvent le concept, car les personnages occupent le premier plan dans mes romans. S’il ne se soucie pas des personnages, pourquoi le lecteur s’intéresserait-il à leur souffrance ou à leur survie? Même si mes personnages s’aiment profondément, iels ne sont pas pour autant de « bonnes » personnes qui traitent toujours bien les autres. Je pense avoir presque atteint cet équilibre avec mon premier roman d’horreur, The Saw Mouth, campé dans une petite ville en bordure d’un lac.

Parlez-nous de votre projet : sur quoi allez-vous travailler à la Deep Bay Cabin ?

Certaines facettes de mon projet actuel sont encore classées secrètes, mais je travaillerai sur la recherche et l’ébauche d’un nouveau roman d’horreur queer pour jeunes adultes, campé dans un milieu rural semblable à celui de la cabane. L’histoire suivra une trame narrative simultanément au passé et au futur afin que le début de l’arc narratif du monstre concorde avec la fin de l’arc narratif du protagoniste. Beaucoup de scènes de nuit près d’un lac effrayant et de lieux trop silencieux. Un monstre très étrange à la première apparence trompeuse et une dose solide de traumatisme religieux. Je peux vous promettre que l’histoire provoquera des frissons, du dégoût et des larmes; et tout cela peut-être en même temps!

Quelle est votre relation avec le parc national de Riding Mountain ?

J’ai seulement visité le Parc national du Mont-Riding durant une période de confinement strict et j’ai eu l’impression de retirer des pelures de moi-même jusqu’à un noyau brut. Aussi bizarre que ça puisse sembler, j’ai surtout hâte de sortir la nuit pour ressentir la différence entre la rumeur de la vie illuminée et le bourdonnement particulier des îlots de lumière qui existent parmi de grandes étendues d’obscurité. J’aime marcher là où la lumière et l’obscurité se rencontrent. Ça peut paraître un peu émotionnel, mais au fond, je veux profiter de l’immobilité et prendre le temps de ressentir les espaces que j’ai la chance d’habiter.

Comment espérez-vous que le parc influencera ou inspirera votre projet ou votre pratique ?

C’est une question de texture. Si vous ne vous trouvez pas exactement là où votre récit est campé, la description du lieu est simple, mais c’est plus difficile d’en reproduire l’émotion. Les petits éléments qui contribuent grandement à créer l’ambiance ou les objets ou images simples qui synthétisent le lieu. Dans le Parc national du Mont-Riding, j’aurai plus de facilité à trouver les mots exacts pour transmettre cet environnement au lecteur.

Y a-t-il autre chose que vous aimeriez partager avec les lecteurs et la communauté du parc national de Riding Mountain ?

C’est un immense honneur d’être accueilli dans ce lieu et sur le territoire visé par le Traité no 2. Comme le monde de l’édition évolue lentement dans le meilleur des cas, vous devrez peut-être patienter un moment avant d’en savoir plus sur mon ouvrage et sa date de parution, mais j’ai vraiment hâte de pouvoir partager ce que cette résidence m’aidera à créer.


La résidence pour artistes au Mont-Riding est offerte grâce à un partenariat entre le Conseil des arts du Manitoba et le Parc national du Mont-Riding.

Un séjour au chalet de Deep Bay vous intéresse? Renseignez-vous sur la façon de présenter une demande à la résidence pour artistes au Mont-Riding par l’entremise du volet de subventions Apprentissage – Résidences. Envoyez votre demande au plus tard le 15 janvier 2027 pour une résidence à l’été de 2027.