La résidence pour artistes au Mont-Riding donne aux artistes du Manitoba le temps de se concentrer sur leur travail dans le splendide milieu naturel du parc national du Mont-Riding.
La derniere artiste résidente pour 2026 est Sharon Hamilton. Avant de s’installer dans le chalet historique de Deep Bay, Sharon a répondu à quelques-unes de nos questions sur son travail et sur la manière dont elle passera sa résidence.
CAM : Parlez-nous un peu de vous en tant qu’artiste et de votre pratique.
Sharon : Obtenir cette résidence représente pour moi l’une des premières étapes pour me considérer comme une « artiste ». Pourtant, je raconte des histoires depuis l’enfance, que ce soit des récits autobiographiques et des exposés à l’école ou la rédaction universitaire, d’abord comme étudiante, puis à titre de professeure. Au milieu du maelstrom de rédaction et de recherche requises pour devenir professeure titulaire, j’ai publié mon premier ouvrage, un livre mémorial intitulé My Name’s Not Susie: A Life Transformed chez Literacy (Heinemann : Boynton/Cook, 1995). C’est seulement depuis ma retraite que j’ai l’occasion d’écrire de la fiction.
Je me suis installée dans le sud idyllique de l’Angleterre, surnommé affectueusement la Riviera anglaise, à Torquay, lieu de naissance d’Agatha Christie. En tant qu’étrangère, je me suis sentie coupable d’acheter une maison modeste, mais hors de prix pour la majorité des adultes de la région. Cette situation a fait naître le concept d’un roman dans mon esprit. Mon sentiment de culpabilité a inspiré ma première œuvre de fiction, Fall of a Sparrow. Chapel on the Moor a suivi deux ans plus tard, un roman axé sur les obstacles sociaux, économiques et juridiques des jeunes adultes issus du placement en famille d’accueil. Mon troisième roman, The Doolally Gang, qui s’intéressait aux abus subis par les aînés en résidence de soins privée, est venu compléter ma trilogie The Odd Bodkins, campée en Angleterre.
En 2015, je suis revenue à mon lieu de naissance, Winnipeg, où j’ai écrit deux autres romans. MAID in Manitoba a été publié l’année où l’aide médicale à mourir a été adoptée légalement dans notre province. Better Dead Than Bred, l’horrible slogan clamé par un groupe rebelle d’activistes pour les droits des animaux, est devenu le titre de mon prochain roman qui transportait le lecteur dans le périple effrayant d’un homme bon et honnête qui découvre le pouvoir destructeur de la vengeance.
Parlez-nous de votre projet : sur quoi allez-vous travailler à la Deep Bay Cabin ?
À la cabane de Deep Bay, je débuterai la rédaction de l’ouvrage The Box Where the Smiles Were Kept, dont l’action se déroule sur une période de cinq ans entre 1945 et 1949. Au cours de cette période, la Société d’aide à l’enfance (aujourd’hui les Services à l’enfant et à la famille) est passée d’un modèle fondé sur les orphelinats et l’adoption à un modèle axé sur les foyers d’accueil d’urgence et les familles d’accueil. La forte natalité d’après-guerre a inondé des établissements déjà sous pression, ce qui a créé un vortex où le nombre de nourrissons, de bambins et d’enfants orphelins, non désirés ou maltraités dépassait de loin les places d’accueil disponibles. Ce roman historique combinera des faits historiques, des mémoires et un récit narratif.
Quelle est votre relation avec le parc national de Riding Mountain ?
Durant mon enfance, ma famille a visité Clear Lake à plusieurs reprises, chaque fois pour un séjour dans l’une des nombreuses cabanes à louer. À l’adolescence, j’ai passé six semaines de l’été à Wasagaming, encore une fois dans une cabane louée, à titre d’aide familiale. J’ai seulement visité l’endroit une fois à l’âge adulte. Après une conférence à Saskatoon et deux jours avant mon examen oral pour ma maîtrise en éducation à l’Université du Manitoba, j’ai loué une cabane tranquille. Sans les distractions du quotidien, j’ai pu me concentrer exclusivement sur mes études et intégrer les leçons apprises de la conférence à mon bagage de connaissances. (Et j’ai réussi.) Aujourd’hui, 42 ans plus tard, j’espère que cette résidence m’offrira une expérience similaire.
Comment espérez-vous que le parc influencera ou inspirera votre projet ou votre pratique ?
J’ai besoin de longues périodes de silence ininterrompu pour entreprendre un projet d’écriture. Même si j’ai commencé à « écrire » cet ouvrage dans mon esprit et dans des notes, gribouillis et accumulations de recherche, il me faut une bonne dose de temps libre, sans être dérangée, pour mettre le processus créatif en branle. En parallèle, je dois bouger, marcher et contempler. Si ma mémoire est fidèle, les beautés naturelles à explorer là-bas sont nombreuses. Et je suis certaine que même si Wasagaming a changé depuis, il en demeure un lieu charmant où se balader et explorer. Et tout aussi important que la solitude recherchée, j’ai hâte de rencontrer des gens lors de la présentation publique. Nous sommes tous liés d’une manière ou l’autre, et j’espère que cette présentation stimulera certains de ces liens.
Y a-t-il autre chose que vous aimeriez partager avec les lecteurs et la communauté du parc national de Riding Mountain ?
J’ai un minuscule souvenir assez banal dans le contexte mondial actuel, mais que j’ai trouvé très chouette à l’époque. J’ai mangé mon premier sandwich de Denver à un café de Wasagaming. Je l’ai trouvé si savoureux qu’il est devenu mon sandwich de choix pendant au moins une décennie (jusqu’à ce que je découvre le sandwich Reuben).
La résidence pour artistes au Mont-Riding est offerte grâce à un partenariat entre le Conseil des arts du Manitoba et le Parc national du Mont-Riding.
Un séjour au chalet de Deep Bay vous intéresse? Renseignez-vous sur la façon de présenter une demande à la résidence pour artistes au Mont-Riding par l’entremise du volet de subventions Apprentissage – Résidences. Envoyez votre demande au plus tard le 15 janvier 2027 pour une résidence à l’été de 2027.