Oluuji | Résidence pour artistes au Mont-Riding 2026

La résidence pour artistes au Mont-Riding donne aux artistes professionnels du Manitoba le temps de se concentrer sur leur travail dans le splendide milieu naturel du parc national du Mont-Riding.

Le prochain artiste résident pour 2026 est Oluuji. Avant de s’installer dans le chalet historique de Deep Bay, Oluuji a répondu à quelques-unes de nos questions sur son travail et sur la manière dont il passera sa résidence.


Oluuji, « Sunday Afternoon », 2026. Acrylique sur toile de 1,5 m x 1,2 m, téléviseur à tube cathodique de 33 cm, tapis en gazon synthétique posé sur un socle en bois. 1,5 m x 1 m.

CAM : Parlez-nous un peu de vous en tant qu’artiste et de votre pratique.

Oluuji : Je suis un artiste multidisciplinaire qui œuvre dans la peinture, la photographie, l’installation et les arts médiatiques. Ma pratique explore l’identité et la mémoire, particulièrement au sein de l’expérience diasporique, et je m’intéresse à la tension entre le désir d’appartenance et celui de rester en lien avec ses origines culturelles.

Je puise mon inspiration tant d’archives institutionnelles que de formes plus simples et anodines d’archivage existant dans les objets, les vêtements, les photographies et les systèmes émergents de mémoire en nuage. Je m’intéresse à comment la genèse des archives façonne les idées d’identité et d’histoire et à comment le matériel personnel ou négligé peut mettre en question les récits plus officiels ou coloniaux.

Plutôt que d’adopter une seule et unique approche, je passe d’un support à un autre selon les besoins de l’œuvre en laissant les idées et les matières façonner ma démarche. Je suis attiré particulièrement par la création d’images expérimentale et par les façons dont différents processus, matières et technologies peuvent influencer comment une image est perçue et comprise, tant dans la peinture, la photographie que la vidéo.

Parlez-nous de votre projet : sur quoi allez-vous travailler à la Deep Bay Cabin ?

Je travaillerai sur un projet de création d’images lente, en réaction directe à l’environnement qui entoure la cabane de Deep Bay et le Parc national du Mont-Riding. Je laisserai le paysage, la météo, la lumière et le rythme de la résidence dicter le processus et les images finales.

Je combinerai la photographie des paysages, l’autoportrait, des articles personnels et des matières naturelles et synthétiques trouvées, en suivant des méthodes fondées sur le collage en couches. J’expérimenterai à la fois avec des processus analogues, comme la cyanotypie, l’impression à la chlorophylle et la photographie analogique sur film 35 mm, et avec des processus numériques comme la numérisation et l’impression transparente. Une partie majeure de la résidence sera consacrée à la randonnée dans le parc pour observer les caractéristiques uniques du paysage, de la flore, de la faune et de l’atmosphère, pour recueillir des références visuelles et pour tisser un lien plus étroit avec l’environnement avant de produire les œuvres finales.

J’espère aussi intégrer d’autres techniques au projet à mesure qu’il évolue, notamment la peinture, la vidéo et des expériences avec le textile comme la cyanotypie sur un tissu diaphane pouvant être cousu dans des formes sculpturales.

De façon plus globale, le projet explore les idées de la mémoire, de l’appartenance et de l’identité diasporique; plus particulièrement comment des environnements inconnus peuvent remodeler nos liens avec le territoire et nous-mêmes. La résidence m’offre une occasion rare de ralentir ma démarche pour laisser les œuvres émerger de mon interaction soutenue avec un lieu spécifique.

Oluuji, « Arboreal Relations ».

Quelle est votre relation avec le parc national de Riding Mountain ?

Au moment où ma résidence débutera, j’aurai visité le Parc national du Mont-Riding pour la première fois alors que je présenterai des œuvres à la galerie de Wasagaming Community Arts.

Comme je n’ai jamais visité le mont Riding (pour l’instant), je suis impatient d’explorer l’eau, la plage, les sentiers et la géographie générale du parc et de découvrir comment cet environnement façonnera mon travail. L’idée de faire du kayak, de prendre de longues marches et d’être entouré par une nature dont l’ampleur est si différente de mon quotidien au centre-ville de Winnipeg est très excitante pour moi. Mais aussi de comparer, de façon subconsciente, l’expérience dans un tel environnement loin de la maison à mes souvenirs des parcs et plages du Nigéria.

En tant qu’immigrant nigérian, j’admets également peu connaître la culture locale qui entoure les cabanes, les lacs et les retraites estivales. Je suis reconnaissant de l’occasion d’en faire l’expérience dans un contexte artistique.

Comment espérez-vous que le parc influencera ou inspirera votre projet ou votre pratique ?

J’espère que le parc influencera le projet en m’amenant à ralentir mon rythme de création habituel et à réagir davantage à l’environnement, aux matières et à la démarche. Ma pratique implique déjà beaucoup la superposition, l’expérimentation et l’attention portée au contexte, mais je crois que de créer dans le milieu du mont Riding poussera cette démarche plus loin en permettant au paysage, à la météo et au rythme du quotidien d’orienter plus directement les décisions créatives.

Y a-t-il autre chose que vous aimeriez partager avec les lecteurs et la communauté du parc national de Riding Mountain ?

J’encourage quiconque visitant le mont Riding à passer du temps dans la communauté artistique locale et à s’intéresser aux expositions et à la programmation organisées par l’équipe merveilleuse de Wasagaming Community Arts. Je crois que de tels lieux jouent un rôle important dans la façon dont les gens font l’expérience d’un endroit au-delà de son paysage.

Je suis également reconnaissant de l’occasion de passer du temps et de créer sur un territoire sous les soins et l’intendance de collectivités autochtones depuis des générations. À titre de nouveau visiteur du parc, je prévois aborder cette expérience avec attention, respect et ouverture afin d’apprendre de l’environnement et des gens qui y sont rattachés.


La résidence pour artistes au Mont-Riding est offerte grâce à un partenariat entre le Conseil des arts du Manitoba et le Parc national du Mont-Riding.

Un séjour au chalet de Deep Bay vous intéresse? Renseignez-vous sur la façon de présenter une demande à la résidence pour artistes au Mont-Riding par l’entremise du volet de subventions Apprentissage – Résidences. Envoyez votre demande au plus tard le 15 janvier 2027 pour une résidence à l’été de 2027.